Problèmes possibles en dialyse péritonéale
La dialyse péritonéale (DP) n’est pas toujours sans problèmes. Ceux-ci, qui peuvent être d’ordre psychologique et physique, sont décrits ci-dessous
Responsabilité
Certains patients se lassent de la responsabilité liée à la réalisation quotidienne de la dialyse péritonéale. Si c’est un problème, parlez-en à votre infirmier de dialyse péritonéale, qui devrait pouvoir vous aider à intégrer davantage de souplesse dans votre quotidien.
Image corporelle
Certains patients en dialyse péritonéale ont du mal à accepter la présence à demeure du cathéter de DP. Ils craignent que le cathéter perturbe leur activité sexuelle et leur relation avec leur partenaire.
Les infirmiers de dialyse péritonéale peuvent vous donner des astuces pour dissimuler le cathéter de DP.
La dialyse péritonéale a tendance à étirer le ventre et à l’arrondir.
Prendre soin de soi et faire de l’exercice pour renforcer les muscles abdominaux peut aider à combattre ce phénomène. Les infirmiers de DP peuvent vous indiquer les exercices adaptés.
Surcharge liquidienne
Une surcharge liquidienne se produit lorsqu’il y a trop de liquide dans l’organisme. Elle se caractérise par une augmentation soudaine du poids, des chevilles gonflées et/ou des difficultés respiratoires. Les patients en dialyse doivent généralement limiter leur apport en liquides afin d’éviter la surcharge liquidienne. Les quantités de liquide autorisées sont toutefois plus souples chez les patients en dialyse péritonéale que chez les patients en hémodialyse.
Déshydratation
La déshydratation survient lorsque la quantité de liquide présente dans le corps est insuffisante. Elle peut être causée par une perte liquidienne excessive comme la diarrhée ou la transpiration. Elle se caractérise par des vertiges, un état maladif ou une perte pondérale soudaine. La déshydratation est nettement moins fréquente que la surcharge liquidienne chez les patients dialysés.
Inconfort
Certains patients en DP trouvent inconfortable le fait de conserver le liquide de dialyse dans leur abdomen. Ils se sentent gonflés ou ballonnés. D’autres souffrent du dos ou des épaules, en particulier lors des drainages. Très rarement, certains patients sont gênés lors de l’entrée du liquide frais.
Les services de dialyse pourront vous donner des astuces pour minimiser ou éviter l’inconfort.
Mauvais drainage
L’un des problèmes les plus fréquents avec la dialyse péritonéale, en particulier chez les nouveaux patients, est un mauvais drainage du liquide de dialyse. Les causes les plus fréquentes sont :
Constipation. La pression du liquide de dialyse péritonéale sur l’abdomen peut entraîner un ralentissement des mouvements de l’intestin, augmentant les risques de constipation. La constipation peut provoquer une pression des intestins contre le cathéter et une interruption du drainage. Elle peut également déplacer le cathéter à l’intérieur de la cavité péritonéale. Pour éviter la constipation, il peut être nécessaire aux patients en dialyse péritonéale de modifier leur alimentation. Dans certains cas, le médecin leur prescrira un laxatif.
- Déplacement du cathéter. Il arrive que le cathéter de DP se déplace. Il peut cependant reprendre naturellement la position correcte. Si ce n’est pas le cas, une intervention mineure ou manipulation sous contrôle radiologique pourra être nécessaire pour corriger sa position.
Fuites
Chez certains patients, le liquide de dialyse péritonéale fuit autour du site de sortie du cathéter. Il peut alors être nécessaire de réduire le volume de liquide à chaque échange ou d’arrêter temporairement la dialyse péritonéale, pour la remplacer par l’hémodialyse jusqu’à ce que la fuite soit résorbée. Il arrive qu’il soit nécessaire de placer un nouveau cathéter sur un site différent. Chez certaines personnes, le liquide fuit dans les voies génitales et provoque un gonflement. Chez l’homme, on parle alors de fuite scrotale. Elle nécessite d’arrêter temporairement la dialyse jusqu’à cicatrisation de la fuite et de la remplacer par l’hémodialyse si besoin.
Infections au site de sortie
Un site de sortie infecté est enflammé, rouge, douloureux, avec du pus. L’infection peut être traitée par des antibiotiques. L’infection se propage parfois vers l’intérieur, suivant le cathéter le long du « tunnel » à travers la paroi abdominale. On parle d’infection du tunnel. Elle peut nécessiter le retrait du cathéter et son remplacement par un nouveau cathéter. Une période temporaire d’hémodialyse peut être nécessaire.
La prévention des infections est extrêmement importante. Les patients doivent prendre soin de leur site de sortie, conformément aux procédures qui leur sont expliquées lors de la formation initiale à la DP. Une bonne hygiène et la fixation permanente du cathéter sur la peau à l’aide de ruban adhésif afin de le protéger peuvent réduire significativement les risques d’infection.
Hernie
Une hernie est l’avancée d’un organe (le plus souvent l’intestin) à travers la paroi musculaire, entraînant un gonflement. Il arrive qu’une hernie ne soit pas détectée au moment de la mise en place d’un cathéter péritonéal et pose problème ultérieurement, la pression constante du liquide de dialyse sur la hernie provoquant son grossissement, à l’origine d’une douleur. Le recours à la chirurgie peut s’avérer nécessaire pour corriger le problème. Dans certains cas, l’hémodialyse peut être nécessaire pendant une courte durée pour permettre la cicatrisation après l’intervention. Des échanges de DP de faible volume peuvent également être recommandés. Tant que la cicatrisation n’est pas complète, les patients doivent éviter de soulever des charges lourdes.
Péritonite
La péritonite est une infection du péritoine, généralement causée par la pénétration de bactéries dans le cathéter. Cela peut se produire lorsque les patients touchent les extrémités ouvertes des connexions entre la poche de liquide de dialyse et le cathéter. Parfois, malgré un haut niveau d’hygiène, une infection de l’abdomen est possible depuis l’extérieur.
Les risques de péritonite sont considérablement réduits par le respect de procédures correctes lors des échanges de dialyse. Les péritonites ne sont pas si fréquentes. En moyenne, les patients peuvent s’attendre à moins d’un épisode de péritonite tous les deux ans. Certains n’en ont jamais.
La péritonite est facile à reconnaître. Le liquide de dialyse est normalement limpide. La péritonite le rend trouble. Certains patients présentent également une douleur abdominale et ont de la fièvre.
Le traitement consiste à ajouter des antibiotiques au liquide de dialyse frais. On montre parfois aux patients comment le faire à domicile.
Il arrive qu’un patient fasse plusieurs épisodes successifs de péritonite. Le cathéter de DP doit alors être remplacé et l’abdomen mis « au repos » en évitant la dialyse péritonéale pendant 4 à 6 semaines. Pendant ce temps, le patient doit généralement être traité par hémodialyse jusqu’à la reprise de la DP.
Des épisodes répétés de péritonite peuvent endommager le péritoine et réduire l’efficacité de la dialyse. Lorsque cela se produit, le patient devra passer à l’hémodialyse à long terme.
Fatigue dorsale
Le volume supplémentaire lié à la dialyse peut entraîner une fatigue du dos si vos muscles abdominaux sont faibles. Quelques exercices simples renforceront à la fois ces muscles et ceux de votre dos.
Efficacité du péritoine
Chez un petit nombre de patients, le péritoine peut cesser d’être efficace en tant que membrane de dialyse. Il peut y avoir plusieurs causes à cela, parmi lesquelles des infections répétées ou l’effet du glucose du liquide de dialyse.
Dans ce cas, il peut être nécessaire de compléter la dialyse péritonéale par l’hémodialyse, et ultérieurement de procéder à un transfert définitif en hémodialyse.
« Au début, je trouvais que le tube était un peu dégoûtant, et il m’a fallu un peu de temps pour m’habituer au fait d’avoir une ouverture directe vers mon ventre. J’étais contente d’en parler, d’expliquer où il se trouvait et de le montrer à tous ceux qui me demandaient à quoi il ressemblait. Cela nous a permis, à mon entourage et à moi-même, d’avoir moins peur de ce tube. » - Anne, patiente en DPCA
1er mai 2006